vendredi 23 juin 2017

Les batailles de Pylos et de Sphactérie


Je possède une armée spartiate pour DBA avec laquelle je joue assez souvent. Il s'agit de la liste II/5k représentant l'armée du stratège spartiate Brasidas pendant les guerres du Péloponnèse. J'aime bien cette liste car, contrairement à beaucoup de listes grecques de la période, elle n'est pas constituée de 8 ou 9 socles de hoplites (classés Sp) mais possède une certaine mobilité grâce aux deux éléments de cavalerie macédonienne (Cv) et thrace (LH). Deux éléments de peltastes (Ps) complètent la liste. C'est solide au centre grâce au bonus de soutien latéral des Lances et ça manœuvre plutôt bien sur les ailes grâce à la cavalerie et aux deux pouilleux. Et à jouer en fin de semaine quand on a le cerveau dans les bottes, c'est un vrai plaisir, on met tout ce petit monde en ligne et on avance.

L'autre avantage de cette liste est double : elle possède une agressivité de 4 et un terrain de type Littoral. On dit souvent que pour tirer parti du terrain Littoral et avoir droit au débarquement de 3 éléments il vaut mieux avoir une faible agressivité. C'est assez vrai mais être l'attaquant donne le bénéfice d'un déploiement réglé en fonction du déploiement adverse et ça, c'est génial. Le fait de choisir son bord de table aussi. J'écrirai un article complet sur la stratégie du déploiement et je reviens à mes moutons. Donc l'armée de Brasidas, chef spartiate...

J'ai eu l'idée de proposer deux scénarios historiques qui font la part belle au débarquement littoral. En recherchant dans mon Atlas des Guerres Grecques des références à Brasidas, je suis tombé sur un épisode assez bien connu de la guerre du Péloponnèse : la guerre d'Archidamos qui voir la rivalité entre Sparte et Athènes à nouveau se réveiller.
En 425(*), la flotte d'Athènes, ennemie de Sparte rentre d'une campagne en Sicile et débarque en Messénie au bord de la mer Ionienne. L'idée des Athéniens est de fortifier le petit port de Pylos afin de s'en servir comme avant-poste pour lancer plus facilement des opérations en Sicile. Les Spartiates, considérant que la Messénie n'est pas loin de chez eux (c'est assez vrai) voient d'un très mauvais œil l'établissement d'une place forte athénienne dans leur arrière-cour. Ni une, ni deux, le conseil de Sparte envoie Brasidas à la tête d'une armée et de quelques trières annoncer aux Athéniens de quel bois il se chauffe. 

La bataille de Sphactérie et son prélude, la bataille de Pylos sont décrits par Thucydide dans La Guerre du Péloponnèse (livre IV) et commentée par Donald Kagan dans The Peloponnesian War. Je ne possède pas ces ouvrages mais les articles de la Wikipedia concernant cet épisode font largement référence à ces deux ouvrages. Je vais livrer ici deux petits scénarios idéaux pour une initiation entre deux armées de hoplites (Sp) soutenus par des pouilleux (Ps).

La bataille de Pylos

Le fort de Pylos appelé aussi Fort Navarin existe encore aujourd'hui mais il est d'époque médiévale. Nul doute qu'il doit être bâti à l'endroit choisi par les Athéniens pour ériger leur propre place forte. Il se dresse sur un promontoire au milieu de la péninsule de Pylos. A l'Est il y a la Mer Ionienne et à l'Ouest, un lagon, le Divari.

Pour cette bataille, les Athéniens sont les défenseurs et alignent une force réduite de 6 éléments : Démosthène, stratège athénien (Sp, général), 3 marins équipés comme des peltastes (Ps), 1 élément de hoplites (Sp) et 1 archers (3Bw). Sparte est l'attaquant et dispose aussi d'une force réduite puisque le gros des forces a débarqué sur Sphactéria, l'île au Sud de Pylos. Le contingent lacédémonien est composé de : Brasidas (Sp, général), 3 éléments de citoyens de Sparte (Sp) et deux éléments de peltastes thraces (Ps).

Mise en place

Les Athéniens n'ont pas de camp hormis le fort de Pylos considéré à juste titre comme une Zone Bâtie de type Fort et ne peuvent pas procéder à un débarquement. Les Spartiates doivent procéder à un débarquement avec 3 éléments.

Conditions de victoire

Les Athéniens gagnent s'ils sont maîtres de leur Fort à la fin du tour 5. Les Spartiates gagnent si l'une des conditions suivantes est remplie : 
  • un élément spartiate contrôle le Fort à la fin du tour 5
  • 3 éléments de l'armée adverse sont détruits avant le tour 5
La perte du général pour l'un quelconque des deux camps signifie la défaite immédiate.

Histoire

Démosthène gagnera cette bataille et capturera une partie de la flotte de Brasidas. Les Spartiates ayant échoué à mettre en place le blocus de Pylos, les Athéniens en profiteront pour débarquer à leur tour sur l'île de Sphactérie pour y combattre le contingent lacédémonien laissé sur place par Brasidas et commandé par Styphon.

La bataille de Sphactérie

L'analyse historique de cette bataille et le compte-rendu qu'en fait Thucydide montre que les Athéniens possédaient une supériorité numérique écrasante puisqu'à leur 3000 hoplites s'ajoutaient les rameurs des trières équipés comme des peltastes. Les Spartiates ne leur opposaient que quelques centaines de citoyens hoplites. Comme ce n'est pas très marrant de jouer un tel déséquilibre à DBA et que les hoplites ne peuvent pas tuer autant de pouilleux, on va tordre un peu la réalité historique et changer un peu les choses

Mise en place

Si Athènes a gagné le scénario précédent, Sparte (défenseur) ne pourra pas immédiatement compter sur des renforts et commence la partie avec 6 éléments : Styphon (Sp, général), 3 hoplites (Sp) et 2 psilètes (Ps). 6 éléments sont gardés en réserve : 4 hoplites, 1 cavaliers macédoniens (Cv), 1 cavaliers thraces (LH). Le joueur spartiate pourra les déployer au tour 2 en contact avec le bord de table opposé. En revanche, si Sparte a gagné la bataille de Pylos, le joueur spartiate peut déployer son armée au complet et peut procéder à un débarquement d'un maximum de 3 éléments à partir de son bord opposé. Dans les deux cas de figure, il est obligatoire de garnir le fort avec au moins 2 éléments.

Les Athéniens (attaquant) jouent leur liste complète : Cleon (Sp, général), cavalerie thessalienne mercenaire (Cv), mercenaires thraces montés (LH), 4 hoplites (Sp), 3 marins armés à la va-vite (Ps), 1 peltastes (Ps), 1 archers (3Bw). Pour le déploiement, on considère que toutes les unités athéniens peuvent débarquer.

Conditions de victoire

La partie se joue en 7 tours au maximum. Les conditions de victoire pour Sparte sont de conserver le contrôle du fort tout en ayant perdu moins de 3 éléments de hoplites (Sp). Tout autre résultat est une victoire d'Athènes.

Histoire

Historiquement, les Athéniens furent victorieux et parvinrent à faire captifs plus d'une centaine de citoyens spartiates qui avaient pourtant la réputation de ne jamais se rendre. Le choc fut violent à Sparte à laquelle Athènes lança un ultimatum interdisant aux Lacédémoniens de mettre le pied en Attique sous peine de voir les prisonniers exécutés. Quant on sait que ces otages représentaient un dixième de la force combattante citoyenne de Sparte, on s'imagine le désastre. Cet épisode mit fin de facto à la guerre d'Archimondas.

(*) les dates que je donne sont toutes avant l'an 0. D'une part ça me saoule de devoir écrire avant-J.C. ou BCE (Before Common Area) et, d'autre part, vu mon peu d'intérêt pour les périodes contemporaines (pour moi, tout ce qu'il y a à partir de 1500), je ne vois vraiment pas la nécessité de préciser.

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