jeudi 9 février 2017

Viking Saga Newland

Vous vous souvenez de mes Vikings pour SAGA achetés à vil prix ? C'était en 2012 à Vaires. Depuis SAGA est devenu un jeu quasiment mort, Ludibazar Meissonnier qui m'avait vendu les boîtes a fermé, Wargames Factory a fermé. Mais malgré tout mes Vikings sont en cours de peinture. 


C'est long, c'est laborieux parce que je profite des rares fois où je vais voir mes petits camarades d'Orléans Wargames pour m'y mettre. Faudrait que j'arrive à peindre chez moi plus régulièrement en fait !


La question à deux balles, maintenant, c'est qu'en faire ? J'avais pensé à me monter un kit d'initiation à SAGA ou à Lion Rampant et donc acheter l'équivalent en Saxons ou Anglo-Danois. Mais le problème c'est que Wargames Factory n'existant plus vraiment, leurs kits qui étaient un temps disponibles chez Warlord Games ne le sont plus. Je pourrais évidemment acheter un starter set de Saxons ou d'Anglo-Danois chez Gripping Beast et c'est certainement ce que je ferais. Mais j'ai eu une idée encore plus débile.


Bricoler des bases rectangulaires format DBA 3 en 25/28mm pour y insérer les socles ronds de mes figurines et ainsi avoir des figurines utilisables pour plein de jeux différents : DBA V3, Hail Caesar, Impetus, SAGA et Lion Rampant.

Je vais déjà tâcher de les peindre et de tester mon idée de socle universel avant de m'enflammer. Mais ça me plaît beaucoup comme idée.

lundi 6 février 2017

De la survie... (Ravenguard Army Journal 15)

J'avais dit que c'était la fin. J'avais dit que ce blog ne servait plus à rien. J'avais aussi dit que j'étais passé à autre chose. Bon, ben, comme d'habitude, j'ai dit des conneries. 

Ne vous méprenez pas. Ce blog reste un journal de bord dont je suis et demeure le principal utilisateur et destinataire. Si vous me lisez, tant mieux pour vous mais vous avez certainement mieux à faire (peindre des pitous par exemple). A ce sujet, il y a eu un incompréhensible pic de visites le 29 janvier à 1502 vues. Certainement d'anciens lecteurs qui sont venus vérifier si j'étais encore vivant. Ou des bots.

Oui, j'ai peint un pitou ! 

Le virus m'a repris. Hier, j'ai peint mon archiviste converti à partir du sergent de Black Reach. La figurine étant prête depuis 3 ans, on ne peut que rester stupéfait par le stoïcisme de ces Marsouins de l'Espâaaaace. En quatre grosses heures, le boulot était plié, niveau tabletop. J'ai employé les techniques de colorieur qui ont fait mon absence de succès dans les cercles figurinistiques les plus select : aplats dégueulasses, brossages moisis, lavis au Kärcher et dégradés inexistants.



Et pour la suite ?

Faut battre le fer pendant qu'il est chaud et j'ai quelques figurines qui s'entassent. Plutôt que de publier de longs articles de mise à jour (ça, c'est bien quand on a un public), je vais en écrire plusieurs et mieux les catégoriser pour pouvoir les retrouver après. Cette brillante idée m'est venue hier alors que je tentais fort méritoirement de me rappeler comment je peignais mes socles de Marounes. Je me souvenais que je l'avais écrit mais je ne me rappelais plus où ni quand. Eh bien, je l'ai retrouvé ce fameux tuto qui a fait de moi l'expert en socles moisis ! Il est là : Back to Basing.

Et puis pour vraiment conjurer le mauvais sort, je vais m'annoncer à moi-même ce qu'il faudra(it) faire en premier.
  • Peins tes Vikings
  • Peins ton 'Pitaine (enfin, finis le)
  • Peins ton Dakkanought
  • Peins tes Chars
  • Peins tes Parthes 15mm

Ca, c'est pour les travaux à terminer.

Pour ce qui est des choses à commencer, la priorité c'est la préparation et la sous-couche de deux starters Briskars.

Et, sinon, des envies ?

M'acheter des Allemands 15mm pour aller avec mes 'Ricains 15mm et jouer à Bolt Action avec des gens. Faire la même chose avec mes Vikings et leur opposer des Saxons. Resocler toutes mes figs Conf' en rond pour les jouer à SoBaH ou à Frostgrave. Jouer à 40kouilles sans me prendre la tête pour des parties de 1h maxi.

lundi 6 juin 2016

Clap de fin

Après quasiment 8 ans de bons et loyaux services, Sandchaser va s'arrêter définitivement. Le rythme des mises à jour s'étant distendu pour finir par stopper complètement, il était temps de prendre une décision. Avec l'accord de mon co-auteur Greg, nous avons donc choisi de conserver tous les articles en ligne ainsi que leurs commentaires. Cependant, les commentaires vont être fermés.

Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?

Pour ma part, il s'agit du fait que maintenir un blog me prenait trop de temps et, surtout, ne m'amusait plus. J'avais initialement ouvert cet espace pour me servir de journal et de carnet de bord pour pallier ma mémoire déficiente, raison qui reste d'actualité et qui justifie que je ne ferme pas complètement ce blog.

D'autres raisons plus personnelles que je ne détaillerai pas ici ont fait que j'ai moins de temps à consacrer régulièrement aux figurines. Quant à mes loisirs de remplacement, le jeu de société principalement, d'autres en parlent beaucoup mieux que moi.

Sur quels autres médias interviendras-tu ?

J'ai également trouvé une nouvelle orientation pour ma pratique du jeu de figurines. J'ai re-découvert De Bellis Antiquitatis et je ne doute pas qu'un jour je rejouerai à Saga et à Bolt Action. Quand j'aurais peint mes figurines. Comme il existe déjà un blog dédié à DBA, administré par un pote et sur lequel je contribue, je n'avais tout simplement plus de contenu à poser ici même.

Une dernière raison est que l'association dont je suis un administrateur, Orléans Wargames, possède désormais son propre site en plus de son forum. Je publie également du contenu sur ce site. Si, on ajoute à ça des publications pour le Blogurizine, ce ne laisse plus beaucoup d'énergie et de temps pour produire du contenu de qualité pour un blog perso.

Greg et moi nous vous remercions d'être venus lire nos bêtises ici. D'avoir posté des commentaires qui relevaient souvent le niveau. De nous avoir faits rire. On ne s'excusera pas d'avoir été cyniques, grossiers et râleurs. Non. Si on vous manque tant que ça, on est sur Facebook et ce que l'on a écrit restera ici aussi longtemps que Blogger voudra bien les conserver.

mercredi 6 janvier 2016

Le Blogurizine est là !!

Je manque totalement d'objectivité mais la sortie du Blogurizine 22 est la meilleure nouvelle de ce début janvier.

http://blogurizine.canalblog.com/archives/2016/01/05/33167310.html

Vous y trouverez des articles des auteurs de ce blog entre autres.

Bonne lecture !

vendredi 16 octobre 2015

Apologie de la démesure

Je me suis récemment retrouvé dans trois situations ou mes interlocuteurs m’ont opposé la démesure, le “trop”, comme une raison à la négativité et au refus.

J’étais en train de parler d’un événement qui arrive bientôt, l’Iron Week organisé par VictoriaGame, une convention exceptionnelle parce qu’elle est la première intégralement consacrée aux Royaumes d’Acier en France mais aussi parce qu’elle dure… 6 jours ! Certaines personnes en sont même venues à dire, non par méchanceté mais par réelle incrédulité, que “c’était trop”.

La deuxième fois que j’ai eu affaire au “trop” est quand j’ai fini mon armée Cygnar. En effet, Exactement 2 ans après l’avoir commencé, j’ai peint tout ce que j’avais en Cygnar et même une belle partie de mes mercenaires.
Oui, j'en suis très très fier.

En l’occurrence, c’est moi qui me suis demandé si je n’en avais pas trop. Surtout quand je vois que j’ai autant de Legion d’Everblight, de Crocos et de Mercenaires pirates à faire. Après, tout, l’on ne joue qu’en 50 points et 2 listes à la fois…

Enfin, la troisième occasion que j’ai eu d’être confronté à la démesure est dans la sortie récente de jeux de plateaux qui prônent l’intérêt de durées de jeu colossales ou de matériel pléthorique, ainsi que le retour dans mon feed de nouvelles de gens qui ont acquis des vieux jeux, de l’époque ou jouer 8 heures n’était pas une source de problème ou d’hésitation.

Cela m’a fait me poser une question simple, que je ne me posais plus : Peut-on s’amuser dans la démesure ?

Cela fait des années que le milieu du jeu rabâche une chose, issue de la réalité : les gens ont moins de temps pour jouer. Et veulent quelque chose de rapide et de facile à jouer. C’est d’autant plus vrai que les gens ont aussi moins de place pour jouer. Les associations ont de plus en plus de mal à avoir accès à des salles, les appartements deviennent plus petits car plus chers, les familles ont deux parents qui travaillent plus (malgré une réduction du temps de travail)… De fausses excuses. 

Ce qui se passe c’est un phénomène qui touche tous les aspects du divertissement moderne : Certaines personnes zappent et n’ont pas de désir de concentration au delà du court terme. Il leur faut un produit calibré, rapide, avec du temps de cerveau disponible, avec des mécanismes simples, qui leur donnent l’impression de réfléchir sans se faire mal et leur donne la liberté d’arrêter à tout moment sans sentiments d’abandon ni d’échec.

Cela va même au delà, avec l’avènement de la “mobilité”, les gens veulent tout, tout de suite. Récemment Tric Trac a dû justifier le manque de couverture du Salon d’Essen lors du salon et dans les 3 jours qui ont suivi la fermeture de celui-ci, parce qu’ils voulaient prendre le temps de digérer les 800 (!!) produits qui y avaient été montrés. Si je comprends que BGG ou d’autres sites veuillent marquer leur territoire d’immédiateté de l’information, il n’empêche que d’autres sites, comme Tric Trac, essaient d’avoir une démarche plus sereine, plus cool, plus détendue mais aussi plus fouillée, plus complète, plus “intégrale”. Et cela ne plaît pas forcément à la masse grouillante qui veut juste pouvoir se faire une opinion en 3 minutes et oublier aussitôt pour passer à une autre opinion.

Pourtant, de façon cyclique, l’on trouve une niche dans la niche, une bande d’irréductibles Gaulois qui ont la volonté, la possibilité et la capacité de jouer différemment, à des jeux complexes, longs, chers et qui demandent de la part du joueur de transpirer. Des joueurs qui prennent du temps (beaucoup), de l’argent (énormément) et de l’espace (jamais trop mais toujours à la limite) pour faire des parties endiablées de jeux roboratifs.

Je joue énormément en tournoi. Le jeu est calibré : limite de point, horloge d’échec. C’est un vrai plaisir parce que le jeu est rigoureux et le format de tournoi exigent. Mais chez certains joueurs, cela crée parfois des tensions. ils ne veulent pas de cette pression, ni de ces limitations. Le jeu en campagne est nettement plus intéressant pour eux. Ils peuvent jouer ce qu’ils veulent, comme ils veulent, au format désiré et prendre le temps qu’ils ont envie de prendre.

Les formats de jeu Apocalypse ou Unbound de 40k ou Warmachine rencontrent toujours un certain succès, de niche, mais réel auprès de gens qui se disent que quitte à passer une journée à sortir tout le matériel, autant que cela vaille la peine. Diantre, je me souviens quand je découvrais la v2 de 40k, mon collocataire et moi-même réservions une table à feu- La Crypte du Jeu à Nice pour la journée et nous jouions 8000 points de batailles indigestes et déséquilibrée.
Je ne vois que le soleil qui poudroie et... OMG c'est énorme !!!
L’immédiateté de nos autres loisirs, TV, cinéma, Jeux vidéos nous habituent à pousser un bouton et avoir ce que l’on souhaite rapidement. Nous limitons naturellement notre temps de recherche (personne ne zappe les 4000 chaînes de sa télé pour y trouver quelque chose), les VoD et les applications de chaînes permettant de regarder ce que l’on veut quand on le veut nous rendent plus impatients.

Pourtant le loisir figuriniste n’est pas cela. L’on prend le temps de coller, de peindre ses figurines. puis de faire des décors, des objectifs, des tables complètes… Et quand le jeu offre une alternative prépeinte, c’est bien pour nous permettre de jouer plus, plus grand, plus longtemps. Quand je jouais à AT-43, je préférais jouer des grosses parties, c’était tellement facile et l’effet de masse tellement plaisant.

Finalement, dans une société où nous tendons vers le moins (de poids, de pollution, d’espace…) la figurine pourrait être le dernier bastion irréaliste du toujours plus.

Alors oui, je suis le premier à me moquer des gens qui entassent du plomb pour le principe. Parce que je suis joueur, parce que je trouve criminel de ne pas exposer ses “pitous” et les utiliser pour ce qu’ils sont. Mais j’ai toujours une profonde admiration pour les gens qui se lancent dans la peinture de tonnes de socles de fantassins en 15mm pour l’ADG ou DBA (oui, je pense à Sandchaser lui-même, ce héros au corps d'athlète buriné et huilé) et les fous qui font des tables colossales pour jouer des parties qui durent 4 jours lors d’une convention, ou pour ceux qui assument leur loisir en collectionnant de façon encyclopédique toutes les références d’un jeu.
La légion meurt mais ne se rend pas.

Pour en revenir à l’Iron Week, pourquoi les gens ont-ils l’impression de trop ? Pourquoi quand l’offre devient très généreuse, ont-ils l’impression qu’elle comporte un piège ? Dans un buffet à volonté, personne ne se demande s’ils doivent tout manger. Pourquoi cela arrive-t-il quand on parle de notre loisir ? Le geek se sentirait-il coupable de pouvoir s’amuser aussi longtemps ? Où est-ce simplement le syndrome du renard et des raisins de La Fontaine, inaccessibles mais “trop verts et bons pour des goujats” ? Je ne me pose plus la question, je me réjouis que certains viennent pour les 6 jours où que d'autres annoncent déjà prendre leurs vacances pour le prochain rendez-vous !

Tout cela pour dire que je suis en train de travailler sur une adaptation du système de Campagne Escalation de Warmachine MkI pour l’adapter à Warmachine ET Hordes MkII pour le Blogurizine et que ce n’est pas simple. Mais qu’à chaque nouvelle étape de cette adaptation qui “fonctionne”, je suis content de me dire que je peux jouer à ce que je veux, comme je le veux.

La prochaine fois, je parlerai sans doute du rose comme alternative au marron dans le hobby, ou pas.

Et vous, comment votre adoration pour la démesure s’exprime-t-elle ?



mercredi 19 août 2015

GENCON 2015 : Peu de nouveautés, mais plein de merveilles !!

Souvenez-vous, nous étions en 2014 et je faisais un bilan épuisé de ce salon. Cette année, c’est avec la ferme intention de jouer tout le weekend que je me rends à Indy pour les 4 “Best Days of Gaming” !

C’est ici, pauvre mortel, que je me rends compte une bonne fois pour toutes que le destin est plus fort que la volonté du gamer. Je vous la joue courte, je n’ai fait qu’une demi-partie de Warmachine, que j’ai perdue parce qu’à une heure du matin, ma femme endormie sur la table de l’Iron Arena m’a suppliée de la ramener à l’hôtel. Ce que je me suis empressé de faire.

En revanche, j’ai eu le temps de visiter et de discuter avec un peu tout le monde. Pour ceux qui suivent ce blog depuis 2013, relisez les articles avec un intitulé “GenCon”, il n’y avait rien de nouveau ou presque. En deux ans, les gammes se sont étoffées, les jeux se sont installés, les acteurs du marché se sont affermis ou affinés selon leur réussite. Mais pas de gros changement.

J’ai donc erré entre deux rendez-vous pros sur les stands de PP (gros, mal arrangé mais plein de tables de démos), Malifaux (gros, avec uniquement de la vente et des tables d’exposition), Mantic (un stand tout petit et difficile à trouver avec de la démo), Infinity (un bordel innommable avec des cartons partout et deux micro-vitrines sur un stand de grande taille), Paizo (un bordel sur dalles violettes et noires avec du monde partout qui parle de jeu de rôle en achetant un jeu de carte ou de plateau), Onyx Path Publishing (Je me suis fait alpaguer par un beta testeur du Nouveau WoD qui m’a ensuite présenté un des auteurs comme si j’étais un fan, j’en ai profité pour lui dire tout le “bien” que je pense de Vampire… Et tout le vrai bien que je pense de Hunter : The Vigil), Greenbrier Games, Max Pro, FFG, Plaid Hat Games etc… Bref c’est vraiment rigolo mais il y a vraiment, vraiment du monde !!!

Un vendredi midi calme... Et panoramique(270°).

Dans le hall de jeu, c’est la guerre, la vraie. Avec des gens qui jouent partout, tout le temps. Pour la première fois depuis que je vais à la GenCon, le hall était occupé à 80% toute la nuit. On sent que les gens avaient besoin de rentabiliser leurs billets et leurs hôtels (qui ne sont pas donnés en centre-ville).

Un stand sur lequel j’ai passé beaucoup de temps (avec surprise) est celui de Cool Mini or Not. Tout d’abord pour y voir des potes de France et de Navarre mais aussi pour avoir une démonstration des nouvelles boîtes de DUST TACTICS, de Paolo Parente.

Dust Tactics, c’est la marque créée il y des années par Parente et dont il a fait un jeu il y a 10 ans. La version avec des cases est nommée “Tactics", la version sans case, “Battlefield”.



Pour fêter la fin de leur partenariat (et quelle fin, digne de Dallas !!!) avec leur distributeur, Dust Studios a décidé de sortir de nouveaux Starters. Les deux premiers sont BlutKreuz (Croix de Sang) et Mercenaries.




Je fais donc une démo de la nouvelle version des règles avec le créateur du jeu, Oz, et je me fais rétamer parce que faire des bons jets avec les dés, c’est has-been. Peu importe, le rythme de la démo, la sympathie du démonstrateur et la pure beauté des figurines me font passer un super moment, tellement que le pauvre Oz, qui souffre d’une extinction de voix à cause de démos non-stop me permet même de le remplacer pour faire la démo suivante à un gamin et son père. C’est dire à quel point les règles étaient faciles à appréhender.



Bref, entre les figurines déjà peintes, le système super simple et la qualité générale du produit (le tapis de jeu est un modèle du genre) me font prendre deux starters Premium, à peine plus chers que les Primed et je n’ai pas à peindre quoique ce soit.


Du coup, j’en profite pour avoir deux exemplaires de la figurines offerte en avant première, Frank Von Stein, en version plastique dur non peint. La grappe est impeccable, la figurine reste facile à assembler et la gravure est vraiment au niveau de ce qui se fait de mieux ces derniers temps, sans perdre de temps avec des détails inutiles.



En bref, Dust est la bonne révélation du salon. Et je ne nie absolument pas que cela m’a rappelé avec bonheur AT-43, le meilleur jeu du monde forever. J’ai même un pote non-figuriniste qui a flashé sur le jeu et en a acheté des boîtes aussi.

Bref, la GenCon a été un gros moment de bonheur, et l’occasion de voir/revoir/se faire des amis. Je ne peux que recommander à mes amis gamers de libérer un budget et du temps pour faire ce salon une fois dans leur vie. Surtout que la ville d’Indianapolis est très accueillante, a de très bons restaurants, des hôtels très sympas et pas mal d’activités touristiques pour les familles.

L’an prochain, j’y retourne, 4 jours pleins. Et peut-être, peut-être, aurai-je le temps de jouer.

Dans mon prochain blog, je vous parlerai sans doute de ma dernière démo de Malifaux, le jeu qui se résout avec des cartes et qui est plutôt très bon. Ou alors de l’importance de la psychologie dans un événement compétitif.


Et vous, qu’est-ce qui vous tente en ce moment ?

vendredi 10 juillet 2015

Plaisirs en famille

Récemment, j’ai eu l’occasion de jouer à trois jeux :
  • Heroquest, le classique de Milton Bradley et Games Workshop des années 1990. La boite de base, simple et pleine de figurines délicieusement classiques et monoblocs. Pas de supplément mais pas de pièce manquante.
  • Black Market Warehouse, de Fire Squadron. Un petit jeu apéritif édité par une maison jeune et enthousiaste (et honnêtement bordélique) créée par un pote, Tracy Constantine (le gars qui a notamment dessiné des petites bandes dessinées pour le No Quarter à l’époque).
  • Angry Sheep de Iron Box Games. Un jeu de dés avec des petits moutons en plastique à l’esprit révolutionnaires.

Je vais parler de ces trois jeux parce qu’ils ont un point commun : je peux y jouer avec mes trois gamines de 14, 12 et 9 ans.

Cela fait quelques mois que je suis assidûment les groupes de discussions sur les jeux de plateaux et de société modernes et la plupart du temps, ce que je vois ce sont des parents qui jouent à leurs jeux et des enfants qui jouent aux leurs. Les produits passerelles sont légions, on le sait étant donné l’offre endémique des jeux de plateaux (plus d’un nouveau jeu par jour chaque année !!) mais beaucoup d’entre eux sont soit trop chers (Ticket to Ride est un excellent jeu de hasard mais dieu que la boite est chère pour un jeu qui existe depuis 20 ans…), soit trop bordéliques (Rampage) soit trop simples (King of Tokyo) pour avoir une grosse rejouabilité pour les seniors.

Rampage, le jeu de destruction avec un livre de règles (c) Absurd Nerd Blog.


C’est avec d’autant plus de surprises que j’ai apprécié jouer à ces jeux récemment.

Angry Sheep est un jeu de dés classique, un avatar du Yahtzee ou du Yams : on jette des dés, on doit faire des paires pour voler des moutons sur le champs au milieu où à ses adversaires. La mécanique est perturbée/accélérée par la présence d’un mouton noir, oui, le fameux Black Sheep de la 214, dont les effets de jeu, de la suppression de mouton en série à la défaite pure et simple si l’on finit la partie avec le mouton noir dans son pré.
Les logos sont simples et évidents, pas de lettres, pas de chiffres. 

Angry Sheep. Sheep Guevara met le boxon dans votre pâturage.

Je place le décor tout de suite à propos de mes filles : Elles n’aiment pas la difficulté dans un jeu et sont HYPER-compétitives. Ce jeu est donc l’occasion de jets de moutons en plastique (ils sont vraiment mignons) à travers la pièce et de cris de douleurs déchirants quand le mouton noir passe d’un pré à un autre. Mais c’est un jeu facile à sortir pendant que le rôti cuit dans el four ou que la pizza doit être livrée. Et c’est toujours drôle.

Black Market Warehouse est un autre jeu apéritif sympathique. Cette fois-ci, c’est un jeu de cartes. Chaque joueur doit remplir des contrats en piochant des cartes. On remplit le contrat en mettant le bon nombre de cartes dessus mais pour que ce contrat rapporte plus de points, il faut mettre les cartes exactes du contrat. On continue tant que tous les contrats n’ont pas été remplis.

Black market Warehouse. Trafic de pandas dans des entrepôts louches.

Le jeu a une dynamique très très simple. On pioche, on place, on remplit un contrat, on jette le surplus. L’ambiance est hyper sympathique, les contrats sont représentés par des entreprises toutes plus illégitimes les unes que les autres avec des noms du genre “Blanchiment et associés”, “Nounefezonpadetrafic Inc”, les autres cartes sont illustrées de tous les clichés les plus marquants des objets susceptibles de trafic : pandas, débris d’OVNI, armes, fruits exotiques, tableaux. Enfin, certaines cartes sont des cartes d’interventions qui permettent d’introduire plus d’interaction entre les joueurs, que ce soit par la perte de cartes ou l’échange contrats.

Encore une fois, une mécanique simple, un jeu avec des interactions limitées qui permettent de limiter les ressentiments et les récriminations des enfants hyper-compétitifs. Le jeu s’installe en trois secondes et dure 15 minutes. Il est signalé pour 2 à 4 personnes mais il se joue facilement à 6 ou 8, il dure juste moins longtemps. Encore une fois, un jeu qui est basé sur le même genre de mécaniques que les 7 familles avec un petit bout de pouilleux et des maths très simples pour le score.

Enfin, Heroquest, le jeu que je ne devrais même plus avoir à présenter au lectorat de ce blog. Le Grand Ancien du jeu de plateau, sorti en 1989 aux USA et l’année d’après en France, est un modèle de simplicité et d’ambiance cheesy absolument délicieuse. Une bande de 4 aventuriers, un barbare, un elfe, un nain et un magicien doivent parcourir les sombres entrailles d’un donjon afin d’ouvrir des portes, tuer des monstres et piller les trésors. Le jeu est un vrai jeu des années 90. Simple, coloré, punitif. En effet les scénarii, au nombre de 14 dans le livre de base, sont très difficiles et requièrent une coopération sans faille entre les héros, ainsi qu’une gestion pointue des sorts à disposition des personnages ayant des compétences magiques, car il n’y a que 2 sorts de régénération et une paire d’objets pour faire revivre des personnages morts prématurément… Les monstres sont pléthore, les pièges multiples, les salles exigues et faciles à boucher. Il y a une vraie gestion du placement et des déplacements.

Le meilleur jeu des années 90 ? Oui, selon RPG Booster !

Tout cela se fait très rapidement et facilement. Le Maître du donjon devra se taper une bonne séance de lecture du livre de règle, assez riche mais les joueurs ont toutes les aides visuelles et graphiques possibles pour jouer rapidement sans se poser de question. Là aussi nous sommes en face d’un jeu des années 90 destiné au grand public : simple d’accès et avec tout le contenu de la boite utile, même le séparateur en carton comporte l’inventaire de la boutique pour équiper ses personnages ! Rien d’inutile ni de superflu.

J’y ai donc joué avec les gamines. Une réussite. Ce jeu est le meilleur point d’entrée vers le JdR pour les jeunes. Les jets de dés sont faciles, les caractéristiques simples, les fiches de personnages en version US bien plus intuitives que les versions FR (qui fumaient en rajoutant des détails inutiles). La première mission nous a pris deux bonnes heures à terminer mais toutes les salles ont été nettoyées de la vermine qui y rodait. Un personnage est mort et est revenu à la vie (cadeau du MD) et la gargouille s’est faites défoncée par un mage qui après n’avoir lancé AUCUN sort pendant toute la partie a décidé que lancer 5 dés d’attaques supplémentaires suffirait à faire un One Shot !!

Depuis j’ai ma grande qui veut tester D&D, ma moyenne qui écrit des contes sur les dragons et les vampires et la petite… Qui veut jouer aux moutons parce qu’elle aime crier “Viva la Revoluciòn !”

En commençant cet article, j’avais dans l’idée d’insulter les Kubenbois, mais les bons souvenirs générés par ces quelques parties m’ont permis d’être rempli d’amour et d’indulgence pour ces losers qui aiment faire de la comptabilité pour les maternelles.

Du coup, je n’insulterai pas les snobinards hipster du jeu de plateau qui regardent avec une condescendence teintée de mépris les joueurs de Uno ou de Monopoly parce que ces jeux ne sont pas aussi intéressant qu’un jeu de gestion comptable ennuyeuse comme Agricola ou Settlers of Catan, ou un jeu débilo-pipi-caca-prout comme Cards Against Humanity ou même un jeu de bluff pour neuneu comme Sheriff of Nottingham (bravo, les gars, vous avez inventé le pouilleux…).

CAH est au jeu de société ce que le porno animalier est au cinéma.

Bref, je ne dirai pas de mal des feignasses qui se sont mis au jeu de plateau parce que cela va plus vite à installer alors qu’ils ont besoin de 8 boîtes, et d’installer des tonnes de cartes, pions, jetons, plateaux modulables et parfois même… figurines pour commencer une partie dont la résolution dépend d’une pioche heureuse.

Non, plutôt, je me réjouirai de la dilution des crétins remplis de préjugés prétentieux dans la masse croissante des joueurs de ce genre de jeux qui prennent simplement du plaisir à jouer à tout, sans se demander si les règles sont bonnes mais plutôt s’ils aiment le jeu. Je suis vraiment heureux de voir que mes filles accèdent à la culture geek par les portes qu’elles choisissent, sans préjugés.

Un de mes amis a l’habitude de parler de l’âge d’or du Geek. Je pense que nous sommes plutôt à un âge de fer. Nous avons eu la chance d’être formé à la geekerie par nos ainés qui ont créé des choses comme Star Wars, Star Trek ou Indiana Jones et nous ne faisons que puiser à cette source notre inspiration ludique et imaginaire. Et ce n’est pas forcément plus mal. Il faudra juste nous débarrasser de la sale habitude de nous enfermer dans nos groupes sociaux prédéfinis et nous ouvrir à d’autres cultures et d’autres choix, arrêter de brandir notre geekerie et nous définir comme des humains avec des goûts ludiques variés mais toujours amusants. Ce n’est pas gagné.