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lundi 13 mars 2017

JFJ 2017, de le compte-rendu

Le temps laisse des traces. Oui. des traces grasses et nauséabondes au fond du caleçon de la mémoire. A tel point qu'il a fallu que je relise ce blog pour me rappeler mes expériences des JFJ passées. Mais, tous comptes faits, ça ne fait que 5 ans depuis la première édition à laquelle j'eus l'honneur de me rendre. Cinq ans et surtout cinq éditions. Et que de rencontres faites depuis ce temps. Et le constat d'une évolution de la communauté du jeu de figurines.

En 2012, tout "jeune" blogueur, je venais aux JFJ en curieux pour la première fois rencontrer quelques uns de mes tout nouveaux confrères. Et là, je veux avoir une pensée pour Perno qui, pour la première fois depuis la signature des accords d'Oslo, a manqué les JFJ et le trophée de la meilleure démo. Message personnel : Perno, tu nous as manqué. Oui. Beaucoup. 

2017, c'est en tant qu'exposant que je revenais aux JFJ. Pour ça et aussi pour revoir toute une bande d'ami-e-s qui profitent de ce rendez-vous pour partager une soirée entre les deux journées de la convention. Côté ambiance, imaginez-vous un mélange entre The Big Bang Theory et Jackass. Non, n'insistez pas, vous n'aurez aucun détail de la soirée, ce qui se passe à Sartrouville reste à Sartrouville. Tout ce que je peux vous dire c'est que l'année prochaine, j'organiserai une cérémonie de remise des Trolls d'Or. Il n'y a aucune raison pour que nous ne battions pas le FIJ sur le plan de la flagornerie et de l'autosatisfaction. Dans notre propre style (tout cela restant ironique bien naturellement, les gagnants des As d'Or méritent leur prix).

Bref. Revenons à notre sujet. Les JFJ 2017. Peut être un peu plus d'exposants que les autres années. Ou pas. Certainement pas les mêmes. Peut être un peu moins d'indépendants et plus de pros, signe que le milieu devient plus mature. Mais pas moins fou. Non. Les JFJ sont telles que le plus consensuel (Age of Sigmar) côtoie le plus déjanté (Fury). Pour être clair, je n'ai pas vraiment joué. Enfin si, à DBA mais j'étais là pour ça en fait. J'ai surtout observé et écouté. Et parlé. Oui. Beaucoup. Et ce qui en ressort c'est que, malgré toutes les évolutions du monde du jeu, l'enthousiasme du joueur (et de la joueuse !) reste intact. A côté de ça, les "joueurs" confits dans leur expérience de jeux élitistes et qui ne veulent surtout pas changer restent majoritaires. Mais la tendance va s'inverser. Petit à petit. C'est inéluctable. Prenez quand même ce que je viens d'écrire avec des pincettes. Ça n'est que l'opinion de quelqu'un qui a passé deux jours sur une convention, pas réveillé et avec la tête comme un compteur à gaz.

Pour rester dans la ligne de mon journal, il est nécessaire que je détaille ce que j'ai acheté afin de m'en souvenir. Du style : "tiens je viens de peindre ça mais je ne me souviens plus de quand je l'ai acheté". J'ai trouvé des Saxons en plastique de chez Wargames Factory. D'occasion puisque ce vendeur n'existe plus et que ces figurines sont introuvables. Je voulais ces Saxons pour aller avec mes Vikings, achetés chez le même éditeur il y a des années à Vaires sur Marne. Hipster un jour, hipster toujours. Du coup j'ai aussi acheté des socles ronds de chez Xavier (a.k.a. Habalrad de Brest) avec lequel j'ai eu une discussion sur la folie du monde et l’hyper-consumérisme. 



L'idée que j'avais eue l'année dernière de posséder deux armées pour chacun des jeux auxquels je joue ayant fait son chemin (Alkemy et SAGA), je trouvais des Aurlocks d'occasion au Bring'n'Buy. Je remercie du fond du cœur Tobias de m'avoir fait cadeau de trois figurines de la faction pour compléter cette liste.


Et pour enfin vous faire marrer, j'ai acheté à Antoine trois véhicules HALO MacFarlane pour des conversions de motos Marsouins de l'Espâaace. Si je sais ce que je veux en faire, je ne sais pas encore comment mais j'ai envie. Peut-être même que je finirai mes speeders HALO/MarEsp. L'espoir fait vivre.


Voilà. Que de l'occasion, rien de neuf  sauf les consommables (socles), plus de 70 figurines, pour un total de 80 euros. Du coup, je vais aller gratter de l'Aurlock moi.

mardi 28 avril 2015

De la polémique autour de l'affiche du FIJ de Cannes

Si vous avez manqué le début...

Les personnes qui organisent le Festival International du Jeu de Cannes (le FIJ pour les connaisseurs) ont dévoilé au public l'affiche de la prochaine édition de l'événement qui aura lieu en 2016. Quoi de plus banal, on y a droit tous les ans et ce festival est le plus renommé de France, tentant de faire jeu quasi égal avec Essen.

S'en est suivi un bad buzz important sur les rézosocios qui a désenflé durant le week-end suite à la publication d'une affiche légèrement remaniée.

N'ayant rien de mieux à dire sur ce blog en ce moment, je cède un peu à la facilité en donnant un avis à chaud sur cette histoire. Je vais certainement m'en mordre les doigts mais, bon, on ne fait pas d'omelettes sans casser d’œufs.

Une discontinuité dans les choix graphiques

Les affiches des éditions précédentes sont plutôt composées à la façon d'une couv' du magazine Tangente. Je ne suis pas fan du parti pris graphique mais l'identité de l'événement est lisible.

Edition 2012

Edition 2013

Edition 2014

Edition 2015

Tada !!!! Edition 2016

Pourquoi cette affiche fait polémique ?

Le code de couleurs, le trait et la symbolique forment un tout qu'il est possible d'interpréter d'une certaine façon quand notre grille de lecture est influencée par des choses comme le combat contre la discrimination des LGBT et contre les stéréotypes de genre. Pour faire court, des enfants, fille et garçon, du rose pour la fille, du bleu pour le garçon et des pièces de puzzle qui s'emboîtent.

Même sans avoir l'esprit particulièrement mal tourné, il y a quelque chose qui se dégage de cette affiche et que les affiches des éditions précédentes ne dégagent pas. Une impression de déjà-vu.

Mais oui, ce sont les codes couleurs de La Manif' pour Tous !! (LMPT)

Personnellement, je m'en fiche bien, tout le monde a le droit de s'exprimer même (et surtout) si on n'est pas d'accord. Mais, quand on organise un événement public, médiatisé et surtout, qui doit rester politiquement neutre (eh oui, le jeu c'est apolitique et, a priori, pas soumis aux diktats de genre, on y reviendra) on doit maîtriser sa communication. C'est comme ça. Nous vivons dans un monde de communication où l'information est relayée instantanément. Nous vivons dans un monde de l'immédiat où le temps long de l'analyse n'a plus cours. On se doit de réagir à chaud sur n'importe quel sujet, de donner son opinion, souvent péremptoire. Je déplore cette situation mais il est nécessaire d'en tenir compte.

Si on ne veut pas ou on ne peut pas, on ne communique plus, ou alors on colle des chatons, des jolies filles ou des beaux mecs. Mais même ça, c'est communiquer des signes, des symboles et du sens.

(oui, fan service pour tous aujourd'hui, on se fout du genre chez Sandchaser)

Ignorance ou choix délibéré ?

Concevoir une affiche n'est pas une chose simple. J'en avais réalisée une avec mes faibles moyens graphiques et ma fibre artistique de bulot. Et puis on a beaucoup parlé de celle d'Orléans Joue avant de la rendre publique.

Quand on fait une affiche on cherche à faire passer un message et l'illustrateur a toujours son propre style et son propre rapport aux symboles et au sens de ceux-ci, le sujet de cette intéressante disciple qu'est la sémiotique.

Il est possible que l'illustrateur du FIJ 2016 n'ait jamais entendu parler de la Manif' Pour Tous, des stéréotypes de genre.

Il est aussi possible qu'il ou elle soit un(e) gentil(le) naï(f|ve) qui illustrait des livres pour enfants dans les années 60.

Il est aussi possible que l'illustrateur ait fait passer son message politique par cette affiche.

Il est encore possible que le comité organisateur du FIJ 2016 ait été noyauté par des activistes de LMPT.

Soyons sérieux cinq minutes. Les réactions contre cette affiche viennent de personnes qui ont une grille de lecture sémiotique particulière. La plupart des gens n'y verront rien d'autre qu'une affiche pour un événement lambda plutôt sympa, pour le jeu et les enfants.

Parce que pour l'essentiel de la population, le jeu c'est futile, le jeu, c'est pour les enfants, les petites filles aiment le rose, les petits garçons, le bleu et les petits garçons sont destinés à devenir des grands garçons qui vont mettre leur zizi dans les petites filles devenues grandes.

Et je suis convaincu que l'illustrateur a cette grille de lecture.

Bof.

Moi je ne vois pas ça.

Je vois un assemblage sordidement banal de clichés de genre promus par la culture mainstream qui, en plus, tombent à côté de la plaque.

Parce que le jeu de société n'est pas, en règle générale, orienté vers un genre ou vers l'autre à la différence de beaucoup de jouets pour enfants (j'avais prévenu qu'on y reviendrait)

Five Tribes, Time's Up ou Zombicide ne sont pas graphiquement conçus ou markétés pour être plus attrayants pour un genre ou pour l'autre en fonction de prescriptions normatives. En revanche, regardez un catalogue d'une grande enseigne de jouets et vous y verrez qu'on vous prend pour des cons (et vos gamins aussi). Le problème n'est pas de savoir ce qu'un garçon pourrait faire d'un déguisement de princesse, le problème est de savoir pourquoi les déguisements de princesse existent en premier lieu.

Voilà où est mon problème avec cette affiche. Vous me direz que je chicane et que c'est moi qui ait un problème. Non, je n'ai pas de problème. Le problème c'est qu'on enferme les enfants et les adultes aussi dans des stéréotypes de genre et qu'ils en souffrent.

Rétropédalage ?

Après le tollé (mot français pour bad buzz) que l'affiche a engendré, l'organisation du FIJ en a proposé une seconde.

On change le code couleur (et évitant le rose, c'est encore la symbolique féminine qui en prend un coup là, c'est con, j'aime beaucoup le rose moi)

On rajoute des meeples (bah oui le meeple ça fait genre jeu coco)

On change un coeur en trèfle, certainement pour une sombre histoire de symbolique.

La partie saillante de la pièce de puzzle est tenue par le personnage féminin (encore une histoire de symbolique)

et voilà !!!

Bref, on patche en vitesse pour limiter la casse et faire taire le buzz.

Mais on garde les enfants. Qui n'ont encore rien demandé et qui se retrouvent encore pris en otage de querelles d'adultes.

Pour finir

Voici l'affiche du festival organisé par les Tables d'Olonne, une sympathique association de jeu vendéenne (personne n'est parfait) qui a fait appel à une illustratrice qui sait ce que les symboles signifient.

Comme quoi vaut toujours mieux avoir l'air marin qu'avoir l'air con.

Merci à Axelle Bouet de m'avoir autorisé à publier cette affiche en son nom. C'est elle l'illustratrice. Allez faire un tour chez elle, c'est magnifique.

mercredi 17 septembre 2014

Orléans Joue, le premier festival de jeux d'Orléans, de la bande-annonce

Ce week-end aura lieu...(petite pause pour ménager un effet dramatique)...

Le premier festival de jeux de l'agglomération d'Orléans !

Fort habilement dénommé Orléans-Joue, cet événement rassemblera quelques éditeurs en mal de publicité, des bénévoles ahuris et d'avides boutiquiers vendeurs de jeux frelatés. Tout cela dans le cadre dégradé du centre-ville d'Orléans.

Orléans Joue, puisque c'est le nom que nous avons choisi pour cet événement, c'est 70 éditeurs, 80 bénévoles, plus de 100 jeux dont une bonne part de nouveautés, une protozone, un Mops en mission dédicace et votre serviteur à l'accueil (finalement, y a que ça qui devrait faire peur aux gens).

Orléans Joue, ça se passe dans l'ancien cloître du Campo Santo et comme ça tombe le même week-end que les Journées du Patrimoine, vous pourrez faire d'une pierre deux coups.

Alors, si vous êtes de passage chez la Pucelle ce week-end, on vous attend. Et même que si vous donnez le mot-clé Sandchaser lors de mon service à la buvette, je vous paye le café !

Et si vous ne venez pas, voici la bande-annonce pour vous faire à jamais regretter votre mauvaise décision.

mercredi 20 août 2014

Gen Con 2014 : Bilan épuisant

Ca y est la Gen Con est finie. 4 jours frénétiques de jeu et de commerce non-stop. Plus de 50k personnes par jour. Des centaines d’exposants. Des milliers de tables de jeu. Des files d’attentes interminables pour avoir les exclusivités où pour manger dans les restaurants décorés aux couleurs des geekeries du weekend.

Gen Con Day 1. Ouverture des portes imminente. Ce n'est même pas la plus grosse journée...


J’avais comme plan de tout tester, jouer pendant des nuits entières et revenir les bras chargés de cadeaux… Cela ne s’est pas passé comme prévu. Mais au moins j’ai des cadeaux.

Pour le jeu, c’est simple, je n’ai pas eu le temps. J’ai bossé tout le weekend.
Pour les démos, même si je n’ai pas pu tout tester, j’ai pu voir de jolies choses et d’autres… moins.

Prenons les dans l’ordre d’arrivée sur le stand, je commenterai les démos plus tard :

  • Privateer Press : Bon, rien à signaler. Je connais leurs produits (un petit peu). Le jeu d’invasion, mélange entre Risk, Pandémie et Horreur à Arkham a eu un franc succès. La figurine exclusive de l'elfette mutée dans son chaudron a duré très exactement 24 minutes le jeudi. Et ils avaient un programme d’échange de pin’s avec les équipiers qui était très, très rigolo : ils avaient des pin’s sur leurs badges, si l’on avait un pin’s qu’ils n’avaient pas, on pouvait l’échanger, sans considération de valeur ou de rareté. Plutôt sympa et rapide. L'Iron Arena (vous payez pour une journée illimitée de jeu et vous remportez des points par partie que vous échangez contre des cadeaux allant des dés au tshirt en passant par les médailles) et les tournois se sont enchainés tout le weekend aussi. Le dernier carré des gros bills est toujours le même, mais pas avec les mêmes armées, démontrant que ce jeu n'a pas de listes "cheatos" malgré les "hauts-cris" des "gloires" de quartier qui voudraient justifier leur incompétence par le déséquilibre de jeu.
Man o War grandeur nature. ©cityofbrass

  • FFG : Du monde partout, des démos de 4 heures, une file d’attente qui sortait du salon pour aller dans les coursives, FFG distribuant un petit jeu de cartes aux gens pour patienter. Pour le reste, XCom, c’est comme les autres jeux sous licence, long et d’un intérêt pas forcément renouvelable. Xwing partout, vraiment partout, Armada permettant d’en recoller une couche en format "Epic" (et donc un peu mieux) et l’annonce du Dungeon Crawler sous licence Star Wars aussi, rendant les fanboys tout fous…

  • Wyrd : un joli stand avec un gros robot porteur de whisky et une cabane qui abritait le stock et les caisses. Des tables de démos magnifiques mais paradoxalement peu occupées et un staff assez nonchalant qui avait quand même du mal à assurer le restock des étagères dont les produits partaient vitesse grand V. Gros succès de la Guilde et des Arcanists (quelle surprise !). La plupart des resculpts sont magnifiques et nettement mieux que les version métalliques.
Il y a un train, donc c'est bien. © Pea Darkvernon, 2014.


  • Infinity : ZOMGWTFBB ! La mauvaise organisation du weekend : Blindés le jeudi pour la figurine exclusive, le stand était tellement mort le reste du salon que j’ai eu du mal à les trouver à côté de Battlefoam. Angel Giraldez faisait des démonstrations de sa maestria au pinceau et de sa gentillesse. Deux misérables tables de démos, de qualité inégale (une superbe de forêt mais avec de graves manques de décors et une autre, urbaine surchargée (donc parfaite) aux décors… issus de la boite de base donc "meh". Et les figurines ont des problèmes d'échelles, même sur les nouvelles... C'est assez perturbant de voir qu'un même fusil est plus petit quand il est porté par une femme ou qu'un pilote de moto doit faire 1,20m pour monter sur une bécane bien trop petite pour être un gros cylindre. Du coup, la moto Aleph en édition Bootleg, elle faisait un peu petite fille sur la 103SP de son petit ami qu'elle "aime pour la vie et qu'elle épousera quand on lui aura enlevé son appareil dentaire pour pouvoir mettre la langue".
Le cosplay de la version cosplay d'une figurine spéciale d'Infinity pour la Gen Con. Inception, much ? 

  • Soda Pop Miniature/Hawk/Ninja Division : un gros stand, blindé de monde. Ils présentaient une variation sur leur jeu de base (le Dungeon Crawler chibi) ou les plateaux modulables sont remplacés par un tapis de jeu (façon tapis route) et les figurines sont vendues en blister individuels. Bah je le dis tout haut : CHAPEAU. Les plaques mobiles sur un Dungeon Crawler, c’est de la merde (lire avec la voix de jean Pierre Coffe en secouant une plaque mobile comme une tranche de jambon). Ca ne tient jamais, ça bouge, ça vole, c’est intransportable, injouable dans un café… Bref, c’est du matériel pour Geek sédentaire des années 90. le tapis, roulé précautionneusement et les figurines à l’achat volontaire et maîtrisé (même si plus cher au total pour les collectionneurs onanistes que nous sommes) est drôlement malin. J’ai donc aussi vu Hawk Wargame et leur epic-like qui subit une refonte massive avec le passage au plastique total (pas chinois) et des tables fort jolies. Les inévitables "boobs" de Marie Claude Bourbonnais étaient là aussi, dommage...

  • Mantic games était présents aussi avec un stand toujours aussi discret. Il leur faut un event manager, on se croirait à Salute avec leur stand de 10m2 et leurs tables de démos (toujours pleines). Le côté malin est qu’ils avaient délocalisé leurs démos aussi dans l’espace “jeu” et du coup, c’est là qu’ils ont conquis un maximum de monde. Sur le stand commercial, ils démontraient leur nouveau DC qui fait l'objet d'un kickstarter discutable, comme Rafpark nous le démontrera avant la fin de l'année. Pas d'image, parce que le stand ne le méritait pas.

  • Paizo avait un énorme stand à l’entrée avec une file d’attente longue comme un jour sans pain. Et grosso modo avait un produit exclusif pour justifier cette queue et c’est tout. Mais leur jeu de carte Pathfinder s'est très bien vendu.
Image trompeuse. la file d'attente allait bien plus loin.

  • Onyx Publishing (ceux qui ont repris la licence du WoD) étaient là aussi avec juste quelques livres de base pour Vampire et Mage et des romans sur un petit stand mal fait et posé dans l'entrée. Quand on sait le prix du mètre carré sur les stands de front, on se dit qu'ils feraient mieux d'économiser le coût et de publier plus de livres pour Hunter, the Vigil, leur seul bon jeu de rôle. ;)

  • Wizkids, je les ai raté. J'ai quand même pu voir une partie de Dungeons & Dragons Attack Wing... Autant je trouve le système approprié à Star Trek, autant "collé" sur D&D, c'est très artificiel. J'ai vraiment du mal à changer mon référentiel afin de permettre à des lanciers au sol de dégommer Tiamat en vol alors qu'il nous a fallu à mon groupe et à moi des heures d'XP pour y parvenir... Mais je ne suis pas objectif.

  • Cool Mini or Not présentait essentiellement des cosplays de vieux guerriers allemands souriants. Ah oui, ils montraient leur catalogue habituel. Confrontation Phoenix édition est bien bien enterré (même pas en démo cette année si j'ai bien tout vu) et Wrath of Kings était en démo et semblait plaire. Kaosball moins, malgré l'omniprésence de boobs partout sur les boîtes.




  • Palladium Books était là et présentait timidement Robotech. Et là on sent la détresse de l'amateur devant un KS qui a cartonné. Grosso modo ils se sont fait avoir dans les grandes largeurs par le manufacturier chinois. Non seulement ils ne peuvent pas livrer les backers mais sur le salon, ils n'avaient que les prototypes de grappes à montrer et ils ont passé le weekend à s'excuser pour le retard et la mauvaise qualité des produits. Ils sont en contact avec d'autres manufacturiers plus compétents et eux même devront apprendre de leurs erreurs. Je comprends le mécontentement des gens qui ont soutenu le projet, mais c'est un vrai cas d'école KS : Des amateurs débordés par leur succès. Et finalement, je préfère soutenir cela que des KS de prévente de produits forts, malgré le "risque" réel de ces projets.

L’espace jeu a servi aussi pour la deuxième année d’espace “privilégié” pour certains éditeurs qui ne voulaient pas être noyés dans la masse grouillante et suante des clients et préféraient la masse grouillante et suante des joueurs.

  • Dungeons & Dragons 5th edition était présenté dans cet espace avec l’habituelle muraille qui séparait les 90 tables de 8 joueurs du reste du salon et un “petit” stand de vente qui n’a pas arrêté du weekend. Pour la blague, le nouvel objet collector ce sont les derniers scénarios v4 qui étaient déjà v5 friendly… Tout le monde les cherche…

  • Konami, Harebrained Schemes présentaient aussi des produits plus ou moins hybrides de jeu et de jeu vidéo (support tablette etc…), c’était d’un intérêt variable. De ces derniers, je recommande néanmoins de prendre Shadowrun returns sur Steam ou itunes store. C’est brillamment fait et incroyablement fun.

Voilà pour les acteurs “majeurs” de l’industrie en ce moment (c’est à dire ceux qui avaient un stand qui aurait dû se voir rapidement). A côté de cela, les acteurs mineurs étaient aussi présents, complètement noyés dans la masse des produits dérivés d’à peu près tout, comme les dice rings, des anneaux qui vous permettent de réaliser vos lancers de D6 à D100 sur votre doigt, ou même de marquer les tours et les comptes de points, des petits éditeurs qui montent comme Iron Box Games qui présentait un PJC (petit jeu à la con) “Angry Sheep”, avec des lancers de dés pour récupérer des moutons, mélange entre les jeux de dés de Wizkids et le 421 très très très fun. Même ma femme riait et c’est très franchement un jeu à boire. ils présentaient aussi leur prochain KS : Skidmarks qui promet aussi d’être rigolo.
J’ai aussi testé les jeux de Greenbrier Games, qui font des jeux aussi variés que des jeux de dés avec des ninjas qui se lancent des flèches et les arrêtent à main nue et des jeux de zombies à grande échelle, entre Zombicide et Zombiiiiies…
Angry Sheep, les moutons sont bourrés et font la révolution !

Dans l'espace jeu, on pouvait assister à des campagnes de Wargame sur papier avec des plans de batailles de 4 mètres sur 3. Cela faisait rêver de voir des joueurs de 50 ans et plus démontrer que Custer était vraiment un abruti et que personne ne pouvait vraiment résister à Gengis Khan...
Les joueurs de cartes étaient bruyants et sales, comme d'habitude, la blague ultime étant le tournoi de My Little Pony, avec 90 joueurs sur 3 jours, pas une seule fille et personne en dessous de 25 ans (et personne de douché pendant 3 jours non plus, ça sentait le petit poney autant que cela y jouait).

Mis à part le stand colossal de D&D, pas de table notable de JdR. Les joueurs de Pathfinder jouaient un peu disséminés le soir.

Bref, la Gen Con, vous n’aviez pas le temps de vous ennuyer.

Et les tests, me direz-vous ? Comme je l’ai signalé, je n’en ai pas fait autant que je le souhaitais. Mais j’ai attentivement regardé certaines démonstrations et cela a confirmé certains de mes a priori.

Malifaux v2 : une version plus propre, moins brouillon sur le papier. Des règles "streamlinées", toujours aussi riches et complexes mais moins bordéliques et n'importe-quoi-t-esques. Toujours les atouts forts du jeu, le jeu de cartes au lieu des dés et des figurines qui ont pris des niveaux en terme de sculpture mais surtout de gravure, étant bien plus simples à monter et plus lisibles en version nue. Le jeu est toujours aussi tentant, même si la disparité de certaines factions est parfois un peu perturbante et qu'il reste des mécaniques un chouïa trop complexes.

Dark Age (v2 aussi depuis 2013) : le jeu a un univers d'un classicisme échevelé mais qui a le mérite d'exploiter simplement et habilement tous les grands traits du genre post-apo. Le fluff est abondant pour un jeu "jeune" grâce à une politique hyper agressive de sortie des livres tous les 6 mois (je salue d'avance le gars qui va se taper la traduction un jour...)
La gamme de figurine est variée. Dans le bon sens du terme, car les factions ont un bon assortiment de figurines et de genres. Dans le mauvais sens du terme car certaines anciennes figurines ont une sculpture approximative alors que les dernières productions sont des tueries de précision.
En terme de jeu, les points forts sont une escarmouche réelle et vive. On joue entre 3 et 10 figurines en format officiel de tournoi et c'est amplement suffisant pour avoir des combos rigolotes sans surcharger un jeu assez complexe. Les cartes sont un peu bordéliques et double face, ce qui empêche la commercialisation de deck protectors à l'effigie des factions, c'est tout naze. :)
Si on devait comparer, cela reprend tous les points forts de Warhammer 40k v2 (combat multiple, état d'alerte) en les adaptant à un format d'escarmouche nerveux ou les figurines circulent facilement, et ne sont pas collées au corps à corps comme à Confrontation par exemple, même si cela en reprend la liste un peu lourde de compétences diverses et variées.
Ce serait mon coup de coeur du salon, si j'avais un coeur. Et si toutes les figurines étaient de qualité égale... malheureusement, il y a une vieille génération de figurines hydrocéphales du même sculpteur qui sévit heureusement de moins en moins...
Pour le jeu organisé, il est à noter que les gens qui jouaient la finale à la GenCon étaient tous des invités de CMoN qui leur avait payé le billet d'avion après qu'ils aient remporté un tournoi de 25 personnes ou plus en boutique partenaire. C'est classe.

Infinity v2 (décidément, la nouvelle génération de jeux devient l'ancienne génération...) :
Bon, là, je ne suis pas objectif mais quel bordel... Les nouvelles règles sont tout aussi touffues qu'avant, il y a juste moins de bugs évidents (comme les grenades en v1.1) et moins de bugs de collision (avec le nerf de compétences comme l'infiltration qui arrête d'être complètement broken et de la perte de lieutenant qui résumait le jeu à "désol', confus', tu fais plus rien pendant que je te roule dessus). Les figurines sont hallucinantes de qualité et de détails vicieux pour peintres comme on les aime(qui a dit pas chers ????). Elles sont même tellement bien que les anciennes, qui étaient pourtant des références, font pitoyables à côté... Et surtout elles font vraiment 28mm maintenant et pas 25. Bref, tout est mieux, mais le jeu est toujours aussi touffu et ne peut pas être un deuxième jeu valable. Soit vous vous y mettez à fond, soit vous laisserez tomber car vous ne pourrez pas suivre un jeu qui promet de changer de profil avec chaque nouvelle sortie... Même la démo dure une heure...

Le reste de ma convention s'est déroulée en rendez-vous pro, qui me permettent d'anticiper un avenir bien occupé de la figurine et du boardgame.

Le bilan de cette Gen Con c'est tout d'abord plus de 56,000 personnes sur le salon, soit une augmentation de 14% depuis l'an dernier et de 100% depuis 2009. Des allées bien trop petites pour tout ce monde qui faisait que l'on était à touche-touche et que l'odeur du gamer le weekend était inévitable. J'ai brûlé la plupart de mes fringues en rentrant. Des hôtels impossibles à obtenir et bien trop chers en centre ville. De restaurants avec 1h30 d'attente et une cuisine digne de la côte d'azur en pleine saison estivale. Si vous voulez aller à la Gen Con, je vous recommande de vous y préparer sérieusement, tout peut vous faire perdre du temps comme chez Disney.

C'est aussi un succès pour les éditeurs mais pas une grande année. Entre les éditeurs qui ne présentent plus grand chose à la GenCon (comme PP et CMON) et ceux qui passent leur temps sur Kickstarter et donc n'ont rien de nouveau à montrer non plus (tous les autres et CMON aussi), ce salon redeviendrait presque une bonne excuse pour faire quelques emplettes de coups de coeurs et de gadgets mais surtout un salon pour jouer, jouer et encore jouer (et tester de nouveaux jeux)... Et l'an prochain, je JOUE !!!!


POST SCRIPTUM : J'ai oublié de parler de Games Workshop, qui était là avec un stand toujours aussi moche et petit. Le côté Forgeworld était blindé de monde et bordélique avec tous les cartons eventrés partout. Le côté GW institutionnel était toujours là. Mais, et là, accrochez vous à vos bretelles, ils avaient une table de DEMONSTRATIOOOOOOON !!! Oui, avec des figurines peintes et des décors et les gens pouvaient toucher et même essayer le jeu !!!! 2014, année du grand éveil pour GW !!!

lundi 10 mars 2014

C'est Lundi, c'est JFJ

Attention, billet long. Prenez vos précautions. Allez caguer avant.

Comme tous les ans depuis 3 ans, je fais mon pèlerinage annuel dans ce charmant chef-lieu de canton des Yvelines qu'est Sartrouville. Comme il faisait beau et que j'avais promis à l'Arsène de lui faire à bouffer le soir, j'ai pris la grosse voiture et j'ai musardé en route. 4 heures pour faire Orléans-Sartrouville par la vallée de Chevreuse et les bords de Seine. Faut dire que je me suis arrêté en route chez des amis. On est en week-end ou on ne l'est pas. Vu mon arrivée tardive, Coyote s'en était déjà reparti. Ça commençait mal, j'aurais bien aimé discuté avec mon vieux pote.

N'en mangez-pas, il y a des morceaux de Kubenboïste dedans ! Mangez des chouquettes !

Sartrouville, premier jour

Au chapitre des petites choses dérisoires dont j'aime parsemer mes billets, j'avais acheté des chouquettes (je n'aime pas venir les mains vides). Quelque chose me dit qu'elles ont fait des heureux sur le stand de Superlude où je les oubliai après avoir (re-)joué à la Nuit du Grand Poulpe.


Des chouquettes oui mais de la Maison La Vaudoire, à Sartrouville.

La Nuit du Grand Poulpe qui est un très bon jeu. Assurément. Même si on se fait mettre une boîte par 3 trois pré-ados. M'en fous, j'avais le Grimoire.

Citations d'Hommes Célèbres, vol. III
"Le Grimoire, c'est très surfait."
Antoine Davrou

Je visitai ensuite la convention rapidement, saluant au passage tous ceux que je connaissais. mais j'étais avant tout là pour prendre des contacts avec des professionnels pour le Festival Ludique Galactique d'Orléans, Orléans Joue et après une heure, j'avais décidé que je testerai Kolaps, Briskars et Furie. Malheureusement, je ne pus faire qu'une démo de Briskars brillamment menée par Manu, le concepteur du jeu.


La belle table de présentation de la nouvelle faction pour Briskars, les Thuléens.

Clairement, ce jeu n'est pas fait pour les subtils. Ca tombe bien puisque moi, même si j'essaye de donner le change en employant le passé simple, je ne suis pas un subtil. J'aime la tatanne. La grosse, qui fait gicler les dents. Le système de Briskars est à activation alternée. Les figurines ont des profils individuels et des points d'action. La mécanique de résolution se base sur des D10 explosifs (moi, j'aime aussi les trucs qui font boum !), c'est à dire, qu'en cas de critique (10, ou 9 ou 8), on relance le dé et on ajoute son résultat au score et on continue si ce résultat est également un critique. Ca permet de coller des tartes monumentales à la figurine d'en-face.


Le premier qui fe moque de mon acfent va fe prendre ma haffe dans fa queule !

La gamme de TGCM Créations, dans sa vitrine.

C'en fut tout pour le Samedi. J'avais une promesse à tenir et je suis homme de parole. Je m'en allai donc visiter ce monument de l'art boucher qu'est la Boucherie Limousine de Sartrouville qui, en plus d'offrir (enfin, de vendre, plus précisément) de la viande bovine de qualité supérieure, a l'heur de fermer ses portes fort tard, ce qui me convenait plutôt.

C'est lesté de six pavés d'un excellent rumsteak et de quelques tranches de fine poitrine fumée que je sonnais chez l'Arsène quelques kilomètres plus loin. Mise en place, cuisine, apéro, vin, repas, jeu, vaisselle. Je passe sur les détails mais nous nous régalâmes de pavés de boeuf poêlés façon brasserie accompagnés d'un écrasé de pommes de terre et d'un confit d'échalotes au vinaigre de Modène. Avec un Margaux 98, ça glisse tout seul. Ensuite, on a joué à Wazabi, ça aussi ça glisse tout seul. J'ai ensuite découvert Katana, que je connaissais pas. Un jeu de fouine avec des cartes, ma spécialité. La mécanique de jeu est simple, elle favorise le bluff, le guessing et l'aggression. J'ai gagné. En équipe (merci à Loquak et à la compagne de Tobias). Par deux fois. Forcément.

Sartrouville, deuxième jour

De bonne heure et de bonne humeur, Arsène et moi passâmes récupérer les deux compères d'icelui pour nous rendre à Sartrouville. Après une demi-heure d'une plaisante et forte instructive traversée du Bois d'Achères et de Maison-Lafitte, nous parvînmes bon an mal an au gymnase de la rue Carnot.

Vous voyez, les gars, il y a d'autres explications.

Je rencontrai enfin Raf et Nicolas Fuseau qui étaient arrivés ensemble. J'assistai à une démo de Furie entre Whispe et Loquak (je n'ai pas joué, je n'étais pas encore complètement réveillé), puis, le café aidant, je me dirigeai vers la table de démo de Kolaps où je rencontrai David et sa compagne.


дез гоьепиз совиетик поур фурн пе жеу

Whispe, en train de tatanner Loquak

Le champ de bataille avant la catastrophe.

Kolaps se joue sur un champ de bataille à hexagones. Je n'avais pas revu ça depuis Demonworld mais ça marche mieux en escarmouche (les hexagones sont plus gros) car cela donne du rythme à la partie quand on n'a qu'à compter des cases au lieu de mesurer. Je passe sur le fluff, David en parle beaucoup mieux que moi mais on sent que l'inspi vient de Resident Evil et ce n'est pas pour me déplaire. Le moteur d'activation est étrange au premier abord mais une fois le premier tour passé, on se prend à compter notre Combativité, à la gérer et à l'utiliser. La Combativité, à Kolaps, c'est un mélange de points d'action, de Qualité et de Mana. Ça sert à tout et c'est ça qui est bien. N'allez pas croire que ça rend le jeu simpliste, au contraire. IL y a d'autres caractéristiques et une foule de règles spéciales qui permettent de définir un profil de combattant. C'est clairement un jeu complexe même s'il apparaît simple et fluide une fois les règles maîtrisées. Je compte vous en dire plus dans un prochain billet. Avec David, on a vu un moyen d'améliorer l'ergonomie du jeu en utilisant des cartes individuelles et des jetons au lieu des listes de profils plastifiées et des marqueurs.


Les abominations OGM contre les Forces Pan-Européennes de Protection des Citoyens. Je jouais les affreux de gauche et David, ceux de droite.

JFJ, le bilan

J'ai acheté pour une quarantaine d'eurobrouzoufs de matos dont une Ombre pour Alkemy, les cartes de référence de la Triade de Jade, le livret de règles mis à jour, le livre Alkemy Genesis et Huit Minutes pour un Empire.

Je vais me remettre à Alkemy, en blitz, quitte à acheter le starter Aurlok pour fournir des figurines à un éventuel partenaire d'Orléans Wargames. Kolaps et Briskars me font de l'oeil mais je testerai d'abord les règles avec du proxy avant d'investir dans la gamme. Les Gobelins soviétiques de Whispe seront pour plus tard dès que ma montagne de marsouins aura baissé. Et puis ça me fait toujours autant suer de peindre en ce moment...

Au final, un très bon cru 2014 pour ces JFJ qui n'en finissent pas de me surprendre. A la différence de certaines conventions qui offrent toujours les mêmes choses d'année en année, l'équipe de la MJC de Sartrouville se renouvelle, propose de nouvelles animations et invite de nouveaux éditeurs de jeux innovants. C'est toujours un plaisir même si c'est trop court.

Voilà, vous pouvez reprendre une vie normale et aller aux toilettes.

vendredi 23 août 2013

GenCon 2013 : état des lieux et impressions à chaud.

La GenCon était le weekend dernier et pour une fois je ne vais pas traîner pour en parler.

Les 4 meilleurs jours de jeu qu'on vous dit !!!


Je ne voulais pas faire de mise à jour en direct, parce que d'autres blogs pros le font très bien. Mais j'avais très envie de partager mon avis avec d'autres que moi. Je parlerai de ce qui fait de la GenCon la convention à ne pas manquer. Je verrai ce qui est sorti, va sortir (uniquement les grands points qui m'ont marqué) et enfin je parlerai de mes impressions sur le monde du jeu, les pratiques des exposants, et ce qui fait qu'à la fin, j'ai peut-être un goût plus amer que prévu à la fin de la GenCon, partiellement dû au traditionnel "convention blues" mais pas que...

Tout d'abord, les points positifs en général : encore plus de monde, encore plus de tables de jeu, encore plus d'exposants. C'est simple entre l'an dernier et cette année, l'espace exposant a été doublé, et sans remplir à grand coup de jeux vidéos. Cela veut-il dire que l'industrie relève la tête ? Nous en parlerons sans doute. La réponse est plus complexe.

L'espace de jeu était colossal. Imaginez des milliers de tables alignées, prévues pour tous types de jeu, des tournois de Warmachine aux parties de Super Dungeon Explore, de Heroclix et de Magic mais aussi énormément de RPG. Ouvert 24/24, l'espace de jeu peut vous permettre de squatter une table vide et jouer avec vos amis mais attention, si un orga de tournois en a besoin, vous êtes cuits et il faut remballer sans discuter. Normal. Mais frustrant car finalement, il y a peu d'espace libre. Où plutôt, il n'y en a aucun dans la journée. Après 22.00, c'est déjà plus facile. À 3.00 du matin, vous êtes tranquille, vous pouvez même dormir sur les chaises alignées, personne ne dit rien.

Un panorama de la moitié de la salle de jeux. Ouverte 24/24 pendant 4 jours.


Les orgas amateurs restent jours et nuits pour certains événements. Ainsi l'Iron Arena de Warmachine (jeu libre contre autant d'adversaire que vous voulez, en format libre, avec des succès à débloquer, permettant de gagner des points à échanger contre des lots allant de la carte édition spéciale au poster en passant par le bandana et le trophée...) permettait pour 2 tickets génériques (cf. Le système de tickets pour les événements de la GenCon) de jouer de façon illimitée pendant 4 jours sur des tables joliment décorées avec 5 éléments de décors et certaines tables en décor fixe, vraiment jolies.

De même chez FFG qui avait des tables bleues sur lesquelles l'on pouvait jouer à leurs jeux toute la nuit. J'ai vu des joueurs commencer une partie de Twilight Imperium le vendredi soir et y être encore le dimanche midi... Honnêtement, le jeu en vaut la peine (même s'il est buggué et que les rouges ne peuvent plus perdre une fois qu'ils ont deux battle stations)

L'espace exposant était vraiment fourni. Et plutôt structuré, enfin presque.
Les big ones étaient là avec leurs stands tentaculaires.
- FFG et ses 1000m2 de jeux qui durent 3 jours,

Venez à la GenCon essayer nos jeux et rien que nos jeux, vous n'aurez pas le temps d'en essayer d'autres !
- Privateer Press qui a maintenant 500m2 et un joli stand en dur dont deux faces servent de vitrines (mal éclairées, comme toujours) et une face de stand de peinture. La dernière face c'est la caisse.

Même la garde impériale veut changer de jeu !
- Wyrd avait 100m2, pleins de leurs nouveautés plastiques assez impressionnantes, notamment au moment d'attraper la boîte et de se demander s'il y a quelque chose à l'intérieur tant elles sont légères.

Aaaah, mes yeux, ils fondent !!!
- Battlefoam était là aussi avec un stand honorable de 100m2 divisé en une grosse partie pour les sacs, bien présentés sur des étagères et deux petits stands pour Infinity et Wild West Exodus. Sur l'un, l'artiste qui dessine les mechas faisait des dédicaces magnifiques. Sur l'autre, l'équipe faisait des démos et présentait leurs modèles de production en avant première.


La rolls du sac. Qui coûte d'ailleurs le prix d'une rolls.
- Enfin, CoolMiniOrNot avait un stand de 300m2 tout en longueur divisé en deux par des vitrines très remplies (et mieux éclairées). D'un côté des tables de démos, de l'autre des tonnes de cartons avec des boîtes et blisters à vendre. Leur stand était un peu comme leur site web : un abominable bordel avec quelques perles à l'intérieur.

Bordel, vous avez dit bordel ? Comme c'est bordel !
À côté des éléphants, les petits étaient là avec des stands de fabricants de figurines qui étaient là pour révolutionner le monde avec leur lot habituel de "règles complexes mais pas compliquées" et leurs "univers originaux". Je vais faire mon vieux con aigri trois secondes, mais si j'avais eu un enfant à chaque fois que l'on sorti ces deux phrases dans un argumentaire de démonstration, j'aurais deux équipes de foot complètes et sans doute une autre de basket avec le banc de touche rempli... J'en ris d'autant plus qu'en 2006 on disait la même chose d'AT-43 mais au moins c'était vrai. Depuis les jeux ne font que se complexifier ou sont des jeux de plateau simplistes dont le prix exorbitant est justifié par un quota de figurines.

Je vais évacuer tout de suite quelque chose à propos du salon : il y avait des tonnes de jeux de plateaux et comme d'habitude avec ce type de jeu : tout se ressemble.

FFG démontrait ses nouveautés et ses previews, comme Diskwars. Comme prévu, c'est pourri comme l'ancien, mais avec l'univers de Warhammer dessus. Et ça va se vendre comme des petits pains sur les 10 premiers mois, grâce à des ruptures savamment orchestrées...
Je joue aux Pogs. C'est juste plus cher.
Privateer Press démontrait (et était presque sold out, chose rare sur leurs jeux de plateau) High Command, leur jeu de carte non collectionnable pour deux joueurs ou plus. C'est du Magic avec un peu de LCG du sus-mentionné FFG. Bref, pas pour moi.

Dropzone Commander présentait un starter Plastique à un prix accessible (il était temps).

Epic. En plastique. Avec des véhicules bizarres.
CMON présentait tous ses projets Kickstarters, pardon, ses jeux divers et variés.

J'ai même fait une partie très amusante de SDE avec mes amis et ma femme. Ok, on a tout défoncé parce que le paladin et la soeur de bataille sont complètement fumés, le jeu n'est pas équilibré, les figurines ne servent pas à grand chose (et à titre infiniment personnel, sont moches) et la rejouabilité est proche du zéro absolu si on n'est pas fan du Kawaï. Mais pour faire des blagues graveleuses, c'est idéal.

Le jeu de tranchée avec... D'autres figurines Kawaï, c'est Memoire44 rencontre Dust. Je me retiendrai donc d'émettre un jugement de vive voix mais je me retiens avec difficultés (je vous renvoie à SDE pour les figurines).
C'est juste le diorama pour faire joli. Le jeu est moche sur un plateau en carton fin à cases.
Enfin, ils présentaient Confrontation Phoenix... non je rigole, on sait maintenant que cela ne sortira pas parce que les ukrainiens ils sont trop trop méchants ! Ils présentaient Wrath of Kings, leur succédané en mode PG-16 avec tous les codes nauséabond de la "geekerie-huhuhu-nichons-cul" qui va faire que tout les pseudos nerds en manque vont se ruer dessus. Donc des gonzes en armures lourdes avec des pointes partout (je vous ai dit que les dessins sont d'Edouard Guiton ? Ce mec a un talent fou, il est juste victime de directeurs artistiques dotés d'une imagination d'huîtres et d'une libido abusant de la lécithine de soja transgénique) et des gonzesses qui ont de la chance quand elles ont un pagne ou une bandelette pour protéger leur vertu (et leurs bonnet FFF) et augmenter leur classe d'armure. Bref, ridicule. Sinon, le jeu se joue comme Confrontation : escarmouche longuette avec poutrocentre comme scénario. Excusez-moi, je vais chercher ma couette et mon oreiller. Principal argument de vente du gars de CMON en mode "insider, je ne vous ai rien dit mais je vous dit tout" ? Le jeu s'il cartonne comme leurs autres KS à coup de million, le pledge à 200 dollars va être tellement rempli qu'il en deviendra"indécent". Wow, merci du scoop. Non, sincèrement, je me demandais justement comment ne pas claquer 200 dollars...
La totale, dès le starter : des nichons, des culs, des pointes... Et une absence totale d'originalité.


J'en profite pour faire une sortie sur les conventions de jeu et les jeux comme WoK : aux USA, le cosplay est roi et il y a de tout. Souvent du très joli et très travaillé et cela, même pour les amateurs qui font cela en papier mâché. En revanche, il y a le cosplay puant, celui qui est là pour montrer le maximum de chair en un minimum de temps. Et là, vous pouvez compter sur CMON pour mettre la dose. Vous êtes littéralement assaillis par leurs booth babes poitrinaires et légèrement vêtues de latex coloré. C'est d'autant plus agressif que le stand d'en face, deviant cosplay, se vante carrément d'avoir une backroom avec les photos de leurs modèles très très légèrement vêtus... Bref, du porno bas de gamme encore une fois ciblé pour le geek automasturbatoire à la douche aléatoire. Je n'avais pas ressenti un tel malaise depuis la Japan Expo et ses gamines de 14 ans habillées en dominatrix ou en écolières. Bref. Krabeurk(c).
La poésie se trouve aussi dans le costume. Prends-en de la graine, Mme Bourbonnais-vulgos.


Alors, après avoir dit du mal de CMON comme j'aime le faire. Après avoir craché sur les jeux de plateau et leur clientèle de veaux qui claquent des fortunes pour des one-shots foireux auxquels ils ne rejoueront jamais. Après avoir vomi sur les cosplayers et leurs clients proxénètes, que reste-t-il me direz-vous ? Et bien c'est la magie de la GenCon : des tas de choses.

Tout d'abord, je vais parler d'un jeu que j'ai vraiment aimé, jouable par tous : Gobblet Gobblers chez Blue Orange Games. La boîte est à San Francisco mais tenue par des Français. Ils sont les éditeurs US de Dobble, autre chef d'oeuvre du jeu familial rigolo. Dans Gobblet Gobblers, vous jouez au tic-tac-toe mais les croix et les ronds sont remplacés par des petits, moyens et grands monstres qui se mangent mutuellement en se sautant dessus, permettant de varier les combinaisons de ligne au fur et à mesure de la partie. C'est fun, c'est rapide, c'est compréhensible par une fille de 7 ans qui n'aime que le UNO. Bref, c'est génial et tout en bois coloré.
C'est aussi un jeu à boire...


Ensuite il y a les bonnes surprises ou les choses attendues : la GenCon est rarement la source de nouveautés, le web étant toujours plus rapide, mais certaines conférences, les discussions avec les éditeurs, auteurs ou patrons de boîtes permettent toujours d'en savoir un peu plus ou d'en attendre un peu plus que "met 200 dollars tu auras des trucs fous"...

Et puis les avant-premières et les exclusivités de salon. Les lecteurs fans de JdP-JCC savent de quoi je parle. Sur chaque stand il y a quelque chose à voir et à ramasser. Sur chaque événement aussi. C'est l'occasion de repartir avec une valise plus pleine qu'à l'aller, remplie de choses gratuites.

C'est l'occasion pour les rôlistes de sortir de leur bulle et de découvrir de nouveaux jeux, le stand de RPG Drivethru qui présentait ses dernières nouveautés en Print On Demand (d'excellente facture st dit en passant), celui de Pathfinder rempli de livres avec des gens lisant les livres par terre sans interruption, puis allant à la caisse pour les acheter avec un grand sourire (surtout le dimanche avec les discounts pratiqués par les deux stands...).

Mais surtout la GenCon, c'est le temple absolu du jeu. Je suis malade, j'ai dormi 4 heures par jour pendant 3 jours, mais j'ai joué à ce que je voulais avec des gens intéressants, différents, que je ne vois pas souvent ou jamais, dans une ambiance bon enfant. Et pour cela, cette convention vaut le coup. Y aller en touriste est un investissement, mais vous trouverez forcément ce que vous voulez.
A titre professionnel, mon bilan est en demi-teinte. Je suis très déçu par l'attitude de certains éditeurs.

Je ne reviens pas sur CMON, j'en ai assez dit. Mais ma déception va de détails comme la disposition du stand PP à des choses importantes comme la présentation des produits sur le stand Wyrd ou l'exiguité du stand de démo de WWX.

Si je devais faire un Salon 101, je dirais à WWX de ne pas mettre une vitrine entre deux tables de démos. C'est brouillon, les gens se bousculent pour aller sur l'une où l'autre et personne ne voit rien vraiment. Sans parler du bouchon dans l'allée. C'est triste car les figurines sont jolies, le plastique est vraiment de qualité (du vrai plastique dur un peu plus lourd que celui de Wyrd) et le jeu est sympa en petit format.
C'est superbe, si on arrive à s'approcher.
Je dirais volontiers à PP (correction, je leur ai dit) que leur stand divisé en 3 : vente, démos de JdP et démos de figurines, est une fausse bonne idée qui fait que l'on repère mal si l'on peut jouer au jeu, comme celle de mettre le peintre face à l'allée parce qu'encore une fois il est difficile de s'arrêter pour le voir finir le Colosse nain. De même la sélection des produits amenés, hors avant premières et exclus (épuisées en une matinée le jeudi grâce à une queue de 1,5km de long qui s'étalait sur deux étages du centre de convention), était chiche et du coup, je suis reparti sans rien. On sent aussi que le Kickstarter a mis leurs habituels projets en stand by...

Sur le stand Wyrd, la problématique est différente. Tout d'abord les tuiles noires et vertes sur le sol, c'est horriblement moche et triste. Ensuite les boîtes nouvelles sont belles mais majoritairement noires aussi, sur des étagères noires. Et ce n'est pas un pauvre bandeau de couleur de faction qui va y changer grand chose quand il est bordeaux ou bleu marine... Et les figurines présentées au dos des boites sont les rendus 3d, pas de figurines peintes ni même les sculptures finales. Du coup, c'est beau mais monochrome et surtout trompeur sur la qualité et la taille des figurines.


Le stand de Mantic ? On essaiera de me faire croire qu'ils sont remplis de succès mais leur stand ne le laisse pas paraître. Je suis passé devant 2 fois avant de le trouver 1 table de Bloodbowl, enfin de Dreadball avec deux plateaux, un "diorama" de Kings of War (KoW, à ne pas confondre avec WoK) et c'est tout. Rien sur leur dernier KS de pompe de Necromunda. Rien sur le jeu futuriste qui n'est pas warhammer 40,000... Vraiment bizarre.

Le stand de Warlord : deux tables de démos, une boothbabe très vaguement vêtue comme un soldat avec décolleté en plastique prépeint... Mais paradoxalement une bonne activité tout le weekend pour montrer leur jeu qui est vraiment agréable à jouer.

La blague ultime : games workshop avec un microstand, un diorama qui abuse du devlan mud et... De la communication institutionnelle pour convaincre les revendeurs de vendre leurs produits. Lamentable. 

En somme Internet et Kickstarter ont tué le principe de l'excitation de la nouveauté sur une convention, même la GenCon. Et les éditeurs sont toujours aussi prudents et frileux quand il s'agît faire nouveau ou original. On prend des recettes éprouvées et on les boit jusqu'à la lie. Rien de vraiment condamnable mais parfois, c'est frustrant de devoir être un fan boy pour arriver à s'enthousiasmer sur la partie "exposants".

De plus je le dis et le répète mais les petits nouveaux qui arrivent par poignées sur le marché ne font rien de nouveau (ni même de bon pour la plupart) et les nouvelles gammes de figurines n'apportent rien aux anciennes. Encore une fois, exceptions notables de WWX quand on parvient à accéder aux vitrines ou Carnevale qui seront donc mes deux chouchous de 2013 par leur univers et certains choix de règles méritoires même si un peu hors le temps...

En somme je concluerai en disant que la Gencon mérite son slogan de "best 4 days of gaming" et que c'est un rendez-vous immanquable. Mais clairement pas pour aller y faire des courses. Et cela n'a aucun rapport avec le fait que je n'ai pas non plus trouvé le pot de Quickshade dont j'avais besoin pour finir mes Cryx parce qu'ils étaient déjà tous vendus... OK, peut-être un peu.

Alors, vous y allez ?